Elle s’est hissée au troisième rang des fromages les plus consommés en France avec près de 40 000 tonnes vendues en 2023, selon les données FranceAgriMer. La mozzarella a conquis nos tables bien au-delà de la pizza du vendredi soir. Pourtant, derrière ce nom générique se cachent des produits radicalement différents — en goût, en qualité, en usage. Entre la boule industrielle baignant dans une eau fade et l’authentique bufala crémeuse, le fossé est immense. Voici comment ne plus vous tromper au rayon fromage.
Bufala, fior di latte : deux familles, deux expériences gustatives
La mozzarella se divise en deux grandes familles selon le lait utilisé. La mozzarella di bufala, produite à partir de lait de bufflonne, est la référence absolue en matière de goût. Son lait, plus riche en matières grasses et en protéines que le lait de vache, donne une texture plus moelleuse, un cœur coulant et une saveur légèrement acidulée avec des notes de crème. La version la plus réputée est la Mozzarella di Bufala Campana, protégée par une AOP depuis 1996 : son lait doit provenir de bufflonnes élevées exclusivement en Campanie, Latium, Pouilles ou Molise. On la reconnaît à l’étiquette rouge et verte ornée d’une tête de bufflonne.
L’autre grande famille est la fior di latte (« fleur de lait »), fabriquée à partir de lait de vache. Son goût est beaucoup plus doux, sa texture plus ferme et élastique. C’est elle qui représente environ 90 % de la production mondiale de mozzarella, d’après Wikipedia, et qui s’utilise idéalement pour la cuisson. Pour aller plus loin dans la compréhension des différentes variétés et leur histoire, vous trouverez des ressources détaillées sur ce site dédié à la culture de la mozzarella italienne.
Quelle mozzarella pour quel usage ?
Le choix dépend en grande partie de ce que vous comptez en faire. Pour une pizza, la fior di latte artisanale ou une mozzarella au lait de vache de qualité moyenne restent idéales : elles fondent bien, filent joliment et ne rendent pas trop d’eau à la cuisson. La bufala, elle, supporte moins bien la chaleur et révèle mieux ses arômes consommée crue. Une caprese avec de belles tomates, un filet d’huile d’olive et du basilic frais : c’est là que la mozzarella di bufala Campana AOP s’exprime pleinement.

Attention aux mentions trompeuses en rayon. Une mozzarella portant simplement la mention « di bufala » sans la précision « Campana » peut être fabriquée avec du lait de bufflonne provenant de n’importe où — sans les garanties de l’AOP. Le prix est aussi un indicateur fiable : la bufala AOP se vend autour de 15 € le kilo, contre 7 à 8 € en moyenne pour une mozzarella au lait de vache, d’après les comparatifs de 60 Millions de Consommateurs.
Les signes d’une bonne mozzarella, industrielle ou artisanale
Quelle que soit la variété choisie, quelques indices permettent d’évaluer la qualité avant même d’y goûter. Une bonne mozzarella doit baigner dans son liquide de conservation — un mélange d’eau salée et de sérum — qui préserve ses arômes et sa texture. Une boule affaissée dans un sachet presque sec est mauvais signe. La DLC (date limite de consommation) doit être la plus éloignée possible : plus elle est fraîche, plus elle est bonne. Une mozzarella de qualité laisse perler un liquide laiteux blanc lorsqu’on la coupe — pas d’eau claire.
- Pour la cuisson (pizza, gratin) : fior di latte artisanale ou mozzarella au lait de vache de qualité moyenne
- Pour la dégustation crue (caprese, salade) : mozzarella di bufala Campana AOP, consommée à température ambiante
- Pour un usage quotidien : fior di latte italienne de qualité correcte, à éviter si produite hors d’Italie
- Pour un moment gourmand : burrata (une variante farcie de stracciatella, encore plus crémeuse)
Enfin, sortez la mozzarella du réfrigérateur au moins 20 à 30 minutes avant de la servir : ses arômes s’expriment toujours mieux à température ambiante.




